★ NEPHILIM ★
Une Fanfiction Undertale
Chapitre 7 — Les Pièges du Grand Papyrus et les Inquiétudes des Grands
✦ PARTIE I — Alex & Papyrus ✦
Le deuxième matin à Snowdin, Alex trouva une note glissée sous sa porte.
Manuscrite. En lettres majuscules. Avec trois points d'exclamation à chaque fin de phrase.
HUMAIN MYSTÉRIEUX !!!
LE GRAND PAPYRUS T'INVITE À PARTICIPER
À L'ENTRAÎNEMENT OFFICIEL DE SES PIÈGES !!!
C'EST UN HONNEUR IMMENSE !!!
PRÉSENTE-TOI À 9H PRÉCISES DANS LA FORÊT !!!
OU À 9H30 SI TU VEUX PRENDRE UN PETIT DÉJEUNER AVANT !!!
OU À 10H SI LE PETIT DÉJEUNER PREND DU TEMPS !!!
(JE VEUX PAS QUE TU RATES LE PETIT DÉJEUNER!!!)
— LE GRAND PAPYRUS
P.S : J'AI FAIT DE LA SPAGHETTI POUR LE PETIT DÉJEUNER
P.P.S : C'EST TECHNIQUEMENT COMESTIBLE
Alex lut la note deux fois.
La plia soigneusement.
La mit dans sa poche.
Il se présenta à 9h précises.
La forêt de Snowdin était silencieuse et blanche. Les sapins noirs portaient la neige comme des manteaux. L'air sentait le froid propre et la résine.
Papyrus était déjà là — évidemment — avec l'énergie de quelqu'un qui s'était levé à 5h du matin pour préparer.
Ce qui était probablement le cas.
— HUMAIN ! Tu es venu ! dit-il avec une satisfaction triomphale comme si une partie de lui avait douté.
— J'ai dit que je viendrais.
— Les gens disent beaucoup de choses ! Le Grand Papyrus a appris à ne pas présumer ! Mais TU es venu donc tu es fiable et c'est une qualité que j'apprécie ÉNORMÉMENT !
Alex regarda la forêt autour de lui. Des fils transparents tendus entre les arbres. Des panneaux cachés sous la neige. Une construction élaborée qui avait clairement demandé des heures de travail.
— C'est toi qui as fait tout ça ? dit-il.
— ÉVIDEMMENT ! Le Grand Papyrus ne délègue pas les choses importantes !
— C'est... impressionnant.
Papyrus s'arrêta.
Le regarda.
— Tu te moques de moi ?
— Non, dit Alex simplement. La structure est bien pensée. Les fils sont à hauteur de cheville et de poitrine — deux niveaux de déclenchement. Et tu as utilisé la neige pour camoufler les plaques de pression. C'est de la vraie conception.
Un silence.
Papyrus avait l'air d'un squelette qui ne savait pas exactement comment traiter un compliment sincère et précis.
— ...Tu t'y connais en pièges ? dit-il enfin.
— Je m'y connais en logique, dit Alex. Les pièges c'est de la logique appliquée.
Papyrus pointa vers lui un doigt lentement, comme si une idée importante se formait.
— Tu es intelligent.
— Parfois.
— Le Grand Papyrus est AUSSI intelligent ! Nous allons donc former une équipe REDOUTABLE !
— Je pensais juste observer—
— TROP TARD ! Tu es dans l'équipe ! Voilà ton écharpe de mission !
Il lui tendit une petite écharpe orange. Manifestement tricotée à la main. Manifestement cette nuit.
Alex la regarda.
La prit.
L'enroula autour de son cou sans un mot.
Ils passèrent trois heures dans la forêt.
Papyrus expliquait. Alex écoutait — vraiment écoutait, avec cette attention calme et totale qui était sa façon d'être — et posait des questions précises qui faisaient briller les yeux de Papyrus à chaque fois.
Pourquoi ce déclencheur plutôt qu'un autre ?
Est-ce que la neige fraîche change le poids nécessaire pour activer la plaque ?
Si quelqu'un court au lieu de marcher, le timing change comment ?
Papyrus répondait avec l'enthousiasme de quelqu'un à qui on n'avait pas souvent posé des questions sérieuses sur ses créations.
À un moment, Alex s'accroupit devant un mécanisme particulièrement complexe et le démontagea entièrement avec ses doigts, sous les yeux de Papyrus.
— Ton ressort est mal orienté, dit-il. Il se déclenchera dans la mauvaise direction. Si tu le retournes à quarante-cinq degrés—
Il le remonta. Le testa avec une brindille.
Clic parfait.
Papyrus regarda le mécanisme. Puis Alex. Puis le mécanisme.
— Comment tu savais ça ?
— J'ai réfléchi.
— En trois secondes ?
— ...Oui.
Papyrus posa les mains sur ses hanches et hocha la tête avec une lenteur solennelle.
— Tu es très intelligent ET tu écoutes vraiment les gens, dit-il. Ce sont deux qualités séparées et tu as les deux en même temps. C'est rare.
Alex ne répondit pas.
Mais quelque chose dans ses épaules — ce quelque chose de perpétuellement contracté, de toujours prêt à encaisser — se relâcha d'un millimètre.
Un seul.
Mais quand même.
À midi, ils s'assirent sur un tronc d'arbre et mangèrent de la spaghetti froide que Papyrus avait apportée dans une boîte.
C'était techniquement comestible.
Alex mangea sans se plaindre.
— Tu souris jamais ? demanda Papyrus soudainement.
— Si.
— Je t'ai pas encore vu.
— ...C'est compliqué.
Papyrus réfléchit à ça très sérieusement, la fourchette en l'air.
— Mon frère sourit toujours, dit-il. Mais des fois je me demande si son sourire et la joie c'est pareil. — Il marqua une pause. — Je crois que c'est pas forcément pareil pour tout le monde.
Alex le regarda.
C'était peut-être la chose la plus perceptive qu'il avait entendue depuis son arrivée dans ce monde.
Dite par un squelette en armure orange avec de la sauce tomate sur l'écharpe.
— Non, dit Alex doucement. C'est pas pareil pour tout le monde.
Papyrus hocha la tête comme si c'était une information importante à stocker.
Puis il resservit de la spaghetti à Alex sans demander.
Alex ne protesta pas.
✦ PARTIE II — Flashback ✦
Deux nuits plus tôt — La maison de Sans, Snowdin
Toriel était venue à pied depuis les Ruins.
C'était long. Elle connaissait chaque pierre du chemin maintenant — elle l'avait parcouru dans les deux sens plus de fois qu'elle pouvait compter. Mais ce soir-là elle avait marché vite, le châle serré autour des épaules, avec quelque chose dans la poitrine qui ressemblait à de l'inquiétude et qu'elle n'arrivait pas à nommer précisément.
Sans lui ouvrit la porte avant qu'elle frappe.
Il avait l'air de l'avoir attendue.
— Entre, dit-il. J'ai du thé.
Il avait toujours du thé quand les conversations allaient être difficiles. C'était sa façon de préparer le terrain.
Ils s'installèrent dans la petite cuisine. Papyrus dormait — des ronflements héroïques filtraient sous la porte de sa chambre. La maison sentait la spaghetti et le bois.
Toriel serra sa tasse entre ses paumes.
— Tu les as vus ? dit-elle.
— Les deux, oui.
— Et ?
Sans regarda son thé.
— Frisk va bien. Elle avance comme d'habitude — elle choisit, elle écoute, elle fait confiance. — Il marqua une pause. — Le garçon aux cheveux blancs... il est perdu mais c'est le bon genre de perdu. Celui qui cherche.
— Et l'autre.
Ce n'était pas une question.
Sans posa sa tasse.
— L'autre c'est différent, dit-il lentement. Il sait des choses qu'il devrait pas savoir. Il a une Console — quelque chose comme ce que j'ai vu dans d'autres timelines, mais plus avancé. Plus total. — Il s'arrêta. — Et il a un point d'ancrage RESET déjà posé dans les Ruins.
Toriel ferma les yeux une seconde.
— Il a quel âge ?
— Dix ans. Comme les autres.
— Dix ans, répéta-t-elle doucement. Et il porte déjà ça.
— Ouais.
Le silence de la cuisine fut interrompu par un ronflement particulièrement épique de Papyrus. Ils attendirent que ça passe.
— J'ai essayé de le garder, dit Toriel. Une nuit. Il a accepté mais il était... fermé. Comme une maison dont toutes les fenêtres sont condamnées de l'intérieur. — Elle rouvrit les yeux. — J'ai vu de la douleur vraie, Sans. Pas de la colère de surface. Quelque chose de profond et de vieux pour quelqu'un de son âge.
— Je sais.
— Il me rappelle—
Elle s'arrêta.
Sans la regarda.
— Il te rappelle Chara, dit-il doucement.
Toriel ne répondit pas. Ce qui était une réponse.
— La différence, dit Sans après un moment, c'est que Chara avait abandonné. Ce gamin-là — Alex — il a pas abandonné. Il est en colère. C'est pas pareil.
— La colère peut faire autant de dégâts que l'abandon.
— Ouais. Mais ça veut dire qu'il reste quelque chose à sauver.
Toriel regarda par la fenêtre. La neige tombait doucement sur Snowdin. Les lampions orange se reflétaient dans le blanc.
— Trois enfants dans l'Underground en même temps, dit-elle. Frisk qui choisit la paix. Un garçon qui cherche qui il est. Et un garçon qui prépare quelque chose que j'arrive pas à voir complètement.
— Et Chara qui observe les trois, compléta Sans.
— Tu crois qu'il peut faire quelque chose ?
— Chara ? — Sans réfléchit honnêtement. — Je sais pas. Il est lié à Frisk mais il a ses propres pensées. Si Alex commence vraiment à détruire cette timeline... Chara sera le premier à le sentir.
Toriel hocha la tête lentement.
— Je veux qu'on reste en contact, dit-elle. Toi et moi. Régulièrement.
— C'était déjà le cas.
— Plus régulièrement.
Sans esquissa ce qui ressemblait à un vrai sourire — pas le sourire anatomique permanent, mais quelque chose de plus petit et de plus sincère.
— D'accord, dit-il. Plus régulièrement.
Toriel finit son thé. Se leva.
À la porte, elle s'arrêta.
— Sans.
— Ouais ?
— Si jamais Alex fait quelque chose d'irréparable... — Elle hésita. — Est-ce que tu pourras l'arrêter ?
Sans garda les mains dans ses poches. Regarda le sol.
— Je pourrai le ralentir, dit-il honnêtement. Mais l'arrêter complètement — pas si sa Console est aussi puissante que je crois.
— Alors qui peut ?
Un silence.
— Personne dans cette timeline, dit Sans. Peut-être personne du tout.
Il marqua une pause.
— Sauf peut-être lui-même.
Toriel resta immobile un moment dans l'encadrement de la porte. Puis elle hocha la tête une dernière fois.
Et repartit dans la neige.
Dans sa chambre, les ronflements de Papyrus s'arrêtèrent brièvement.
Dans le silence, une voix endormie murmura :
— ...Le garçon noir il a l'air triste...
Puis les ronflements reprirent.
Sans resta dans la cuisine encore longtemps.
À regarder la neige tomber.
— Fin du Chapitre 7 —
