Alaric se redressa lentement, ses muscles engourdis, le souffle court. L'obscurité autour de lui semblait vivante, ondulant comme une mer noire. Azraël se tenait à quelques pas, sa silhouette immense et indistincte, chaque mouvement dégageant une froide puissance écrasante.
— Tu pensais pouvoir tout porter seul, dit Azraël, sa voix glaciale résonnant dans l'air. Comme toujours, tu te crois plus fort que les autres. Mais la Flamme ne ment jamais. Elle reflète ce que tu es vraiment.
Alaric sentit la chaleur de la Flamme Astrale vaciller dans sa poitrine. Chaque battement semblait amplifier la peur et la colère qui bouillonnaient en lui.
— Je… je ne suis pas faible, murmura-t-il, serrant ses poings.
Azraël s'avança d'un pas, et l'air se glaça autour d'Alaric. Une ombre surgit derrière lui, une projection de ses doutes : la voix d'Elena, celle de Rohan, la colère de Lira… toutes lui reprochant d'avoir voulu tout porter seul.
— Regarde-toi, Alaric. Dit-il en étendant la main. Chaque doute, chaque peur… tout cela t'appartient. Tout ce que tu crois protéger te dévore de l'intérieur.
Alaric sentit ses jambes fléchir. La Flamme tremblait, et il crut voir ses compagnons se détourner, leurs visages flous, accusateurs. L'étau des ténèbres se resserrait, et la voix d'Azraël s'infiltrait jusque dans ses pensées.
— Tu peux crier, résister… mais plus tu luttes seul, plus je te tiens. Plus je comprends ta faiblesse. Et c'est dans la faiblesse que je brille.
Alaric hurla. La Flamme Astrale éclata en une lumière aveuglante, projetant Azraël en arrière… mais aussitôt, l'ombre le rattrapa. Il était suspendu entre deux forces, sa puissance amplifiée mais incontrôlée, son esprit torturé par la vision des pertes qu'il avait laissées derrière lui.
— Tu as peur… murmura Azraël, s'approchant à nouveau. Peur de la mort, peur de l'échec… peur de les perdre. Et c'est cette peur qui me permet de t'écraser.
Alaric sentit une chaleur obscure s'infiltrer en lui, déformant sa Flamme Astrale. Ses poings tremblaient, et il réalisa que pour survivre, il devait cesser de se battre seul… mais le mot "faire confiance" lui brûlait la langue.
Une explosion de lumière. La Flamme Astrale éclata à nouveau, cette fois plus intense, et Alaric fut projeté à genoux. Azraël pencha sa tête, un sourire cruel sur son visage.
— On va voir combien de temps tu tiens… seul.
L'obscurité l'engloutit, et Alaric sut que le vrai combat venait de commencer : pas contre Azraël… mais contre lui-même.
